[article]
Titre : |
La bronchopneumopathie chronique obstructive : nouvelle population, nouvelle approche et une nouveauté réglementaire |
Type de document : |
texte imprimé |
Auteurs : |
Aldjia Abdellaoui-Daoudi |
Année de publication : |
2019 |
Article en page(s) : |
p. 1-2 |
Langues : |
Français (fre) |
Mots-clés : |
Bronchopneumopathie chronique Qualité des soins de santé |
Résumé : |
La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie respiratoire incu-rable, caractérisée par la présence d’une obstruction bronchique non réversible [1]. Cette pathologie meurtrière souvent méconnue par les médecins et ignorée du grand public n’arrête pas son parcours au territoire pulmonaire, mais se poursuit au niveau systémique, et touche d’autres organes [1]. Longtemps liée à l’âge, au tabac et à la sédentarité [2], à l’heure actuelle il n’est plus certain d’affirmer que se sont encore des facteurs de risque. En effet, le diagnostic de la BPCO est posé en moyenne entre 35–40 ans, chez des patients plus souvent actif et pas forcément fumeur [3]. Dès lors, plusieurs questions se posent : Devons-nous parler désormais d’une nouvelle génération de patients BPCO ? Le patient BPCO n’est-il plus le patient âgé, fumeur et sédentaire ? Faut-il changer l’information donnée à nos étudiants ? Et surtout faut-il changer la population cible pour le dépistage de cet inconnu meurtrier ?
Le dépistage du grand public se fait généralement pendant la journée mondiale de la BPCO. La Haute Autorité de Santé met également à la disposition des professionnels de santé et de leurs patients un questionnaire rapide, permettant de déceler les principaux signes d’alerte de la BPCO [4]. Ce questionnaire a été évalué dans plusieurs cabinets de kinésithérapies non spécialisés [5]. Il a ainsi été détecté 25,8 % (n = 24) de patients à risque, avec un temps de réponse au questionnaire par patients inferieur à 1 min.
Dans la poursuite de ce projet, l’union régionale des professionnels de santé des masseurs-kinésithérapeutes (URPS-MK), en collaboration avec le centre hospitalo-universitaire (CHU) de Montpellier, a lancé en 2015 un projet expérimental afin d’améliorer le dépistage de la BPCO [6]. Ce projet (SPIROKINE), porté par le président de l’URPS-MK, entre dans le cadre de l’article 51 de la loi HPST [7]. Il vise avant tout la formation des kinésithérapeutes à la spirométrie. Dans un second temps, après avoir détecté un patient à risque [4], les kinésithérapeutes appliquent la spirométrie. La dernière étape est la transmission des résultats à l’équipe médicale du CHU via une messagerie sécurisée afin qu’elle interprète les résultats [6]. Le patient est par la suite orienté pour une prise en charge adaptée.
Depuis juillet 2018, la prise en charge des patients atteints de BPCO en pratique libérale a été revalorisée. Les soins individuels sont passés d’une cotation AMK8 à une cotation AMK28. Cette nouvelle cotation sépare également la prestation individuelle de la prestation en groupe (2–4 patients) avec une cotation AMK20 pour cette dernière (Avenant 5). Afin d’utiliser ces cotations, le texte prévoit des séances d’une durée de 90 min, pour un nombre de séances maximum de 20. Paradoxalement, dans les recommandations scientifiques internationales il convient d’effectuer un minimum de 20 séances pour obtenir un effet pertinent [8]. Il serait ainsi illusoire de croire qu’une pratique physique quelconque permettrait d’obtenir des effets significatifs sur la santé des patients. Il est intéressant de noter que plusieurs associations de post-réhabilitation peuvent être contactées pour compléter notre rééducation. Le groupe Alvéole (Société de pneumologie de langue française) met à disposition des professionnels et des patients une carte de réhabilitation qui répertorie les différentes associations, consultable également sur internet [9].
Outre le nombre de séance, l’efficacité du réentraînement à l’effort dépend également du contenu des séances en termes de durée du programme, de la durée et de la fréquence des séances et de l’intensité de l’effort fourni lors de chaque séance [10]. Les sociétés américaines et européennes de pneumologie ont fait état d’un consensus sur les différentes composantes du réentraînement à l’effort : il regroupe l’endurance (60–80 % de la fréquence cardiaque maximum, séance fractionné ou continu), le renforcement musculaire (2–3/semaine, 30–90 % de la une répétition maximale), les étirements/souplesse musculaire et le travail de l’équilibration [10], [11]. Un axe plus éducatif est également essentiel dans notre prise en charge pour atteindre le changement de comportement du patient. Le patient ne doit pas être seulement acteur de sa santé, mais co-auteur de son parcours de soins.
Comme pour toutes nos séances, il est impératif de réaliser le diagnostic kinésithérapique avant de débuter notre prise en charge (examen clinique, vérification des contre-indications à l’effort [12], bilan éducatif partagé [13], qualité de vie des patients [14], dyspnée [15], intolérance à l’effort [16] et de la force musculaire [17]). C’est dans ce contexte et ces recommandations internationales que devrait s’inscrire notre activité en cabinet. |
Permalink : |
./index.php?lvl=notice_display&id=82524 |
in Kinésithérapie, la revue > vol. 19, n°215 (Novembre 2019) . - p. 1-2
[article] La bronchopneumopathie chronique obstructive : nouvelle population, nouvelle approche et une nouveauté réglementaire [texte imprimé] / Aldjia Abdellaoui-Daoudi . - 2019 . - p. 1-2. Langues : Français ( fre) in Kinésithérapie, la revue > vol. 19, n°215 (Novembre 2019) . - p. 1-2
Mots-clés : |
Bronchopneumopathie chronique Qualité des soins de santé |
Résumé : |
La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie respiratoire incu-rable, caractérisée par la présence d’une obstruction bronchique non réversible [1]. Cette pathologie meurtrière souvent méconnue par les médecins et ignorée du grand public n’arrête pas son parcours au territoire pulmonaire, mais se poursuit au niveau systémique, et touche d’autres organes [1]. Longtemps liée à l’âge, au tabac et à la sédentarité [2], à l’heure actuelle il n’est plus certain d’affirmer que se sont encore des facteurs de risque. En effet, le diagnostic de la BPCO est posé en moyenne entre 35–40 ans, chez des patients plus souvent actif et pas forcément fumeur [3]. Dès lors, plusieurs questions se posent : Devons-nous parler désormais d’une nouvelle génération de patients BPCO ? Le patient BPCO n’est-il plus le patient âgé, fumeur et sédentaire ? Faut-il changer l’information donnée à nos étudiants ? Et surtout faut-il changer la population cible pour le dépistage de cet inconnu meurtrier ?
Le dépistage du grand public se fait généralement pendant la journée mondiale de la BPCO. La Haute Autorité de Santé met également à la disposition des professionnels de santé et de leurs patients un questionnaire rapide, permettant de déceler les principaux signes d’alerte de la BPCO [4]. Ce questionnaire a été évalué dans plusieurs cabinets de kinésithérapies non spécialisés [5]. Il a ainsi été détecté 25,8 % (n = 24) de patients à risque, avec un temps de réponse au questionnaire par patients inferieur à 1 min.
Dans la poursuite de ce projet, l’union régionale des professionnels de santé des masseurs-kinésithérapeutes (URPS-MK), en collaboration avec le centre hospitalo-universitaire (CHU) de Montpellier, a lancé en 2015 un projet expérimental afin d’améliorer le dépistage de la BPCO [6]. Ce projet (SPIROKINE), porté par le président de l’URPS-MK, entre dans le cadre de l’article 51 de la loi HPST [7]. Il vise avant tout la formation des kinésithérapeutes à la spirométrie. Dans un second temps, après avoir détecté un patient à risque [4], les kinésithérapeutes appliquent la spirométrie. La dernière étape est la transmission des résultats à l’équipe médicale du CHU via une messagerie sécurisée afin qu’elle interprète les résultats [6]. Le patient est par la suite orienté pour une prise en charge adaptée.
Depuis juillet 2018, la prise en charge des patients atteints de BPCO en pratique libérale a été revalorisée. Les soins individuels sont passés d’une cotation AMK8 à une cotation AMK28. Cette nouvelle cotation sépare également la prestation individuelle de la prestation en groupe (2–4 patients) avec une cotation AMK20 pour cette dernière (Avenant 5). Afin d’utiliser ces cotations, le texte prévoit des séances d’une durée de 90 min, pour un nombre de séances maximum de 20. Paradoxalement, dans les recommandations scientifiques internationales il convient d’effectuer un minimum de 20 séances pour obtenir un effet pertinent [8]. Il serait ainsi illusoire de croire qu’une pratique physique quelconque permettrait d’obtenir des effets significatifs sur la santé des patients. Il est intéressant de noter que plusieurs associations de post-réhabilitation peuvent être contactées pour compléter notre rééducation. Le groupe Alvéole (Société de pneumologie de langue française) met à disposition des professionnels et des patients une carte de réhabilitation qui répertorie les différentes associations, consultable également sur internet [9].
Outre le nombre de séance, l’efficacité du réentraînement à l’effort dépend également du contenu des séances en termes de durée du programme, de la durée et de la fréquence des séances et de l’intensité de l’effort fourni lors de chaque séance [10]. Les sociétés américaines et européennes de pneumologie ont fait état d’un consensus sur les différentes composantes du réentraînement à l’effort : il regroupe l’endurance (60–80 % de la fréquence cardiaque maximum, séance fractionné ou continu), le renforcement musculaire (2–3/semaine, 30–90 % de la une répétition maximale), les étirements/souplesse musculaire et le travail de l’équilibration [10], [11]. Un axe plus éducatif est également essentiel dans notre prise en charge pour atteindre le changement de comportement du patient. Le patient ne doit pas être seulement acteur de sa santé, mais co-auteur de son parcours de soins.
Comme pour toutes nos séances, il est impératif de réaliser le diagnostic kinésithérapique avant de débuter notre prise en charge (examen clinique, vérification des contre-indications à l’effort [12], bilan éducatif partagé [13], qualité de vie des patients [14], dyspnée [15], intolérance à l’effort [16] et de la force musculaire [17]). C’est dans ce contexte et ces recommandations internationales que devrait s’inscrire notre activité en cabinet. |
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