[article]
Titre : |
L'activité physique au service de l'amélioration des fonctions cognitives des seniors |
Type de document : |
texte imprimé |
Auteurs : |
Jean-Jacques Temprado, Auteur |
Année de publication : |
2020 |
Article en page(s) : |
p. 17-29 |
Langues : |
Français (fre) |
Mots-clés : |
activité physique plasticité cérébrale Vieillissement |
Résumé : |
VIEILLISSEMENT ET COGNITION
L’allongement de la durée de vie observé dans la plupart des pays industrialisés se traduit par un vieillissement de la population. Cette transition démographique est généralement présentée comme une bonne nouvelle. Pourtant, il est difficile de se réjouir à l’idée de vivre plus longtemps si cela s’accompagne d’une rupture importante de la qualité de vie en raison de la diminution des capacités physiques et cognitives.
Les recherches en Sciences du mouvement humain ont un rôle important à jouer dans cette perspective. En effet, de nombreux travaux suggèrent qu’un potentiel de plasticité cérébrale demeure au cours du vieillissement normal [1, 2] et que cette plasticité peut être exploitée grâce à l’adoption d’habitudes de vie neuro-protectrices, au premier rang desquelles figure la pratique régulière d’exercices physiques.
Les premiers travaux scientifiques mettant en évidence le lien entre l’exercice physique et la longévité datent des années 50, mais cette thématique a connu un développement important au cours des 20 dernières années.
Aujourd’hui, la question des liens entre exercice physique, plasticité cérébrale et performances cognitives mobilise des équipes de recherche pluridisciplinaires dont bon nombre sont en lien avec des start-up qui développement des solutions numériques et technologiques pour faciliter l’entraînement à domicile. Il faut dire que les enjeux socio-économiques sont importants puisqu’on estime à 61 milliards d’euros par an les coûts de santé et de baisse de productivité liés à l’inactivité physique au niveau mondial. De plus, l’inactivité physique serait responsable de près de 5 millions de décès par an.
Face à ces chiffres vertigineux, le message délivré au « grand public » et, notamment, aux seniors est très simple : effectuer 10 000 pas/jour ou 75 à 150 minutes d’activité physique d’intensité modérée à vigoureuse par semaine. Cette prescription résume une sorte de consensus issu des données de la littérature et sur lequel s’accordent bon nombre de sociétés ou d’organismes. On mesure cependant à quel point le souci de simplification masque la complexité des mécanismes sous-jacents et surtout, les multiples facteurs modérateurs qui conditionnent l’efficacité de la pratique de l’exercice physique (niveau de forme du pratiquant, durée, intensité, fréquence, type d’exercice...).
Par ailleurs, la préconisation courante concerne principalement l’effet de l’exercice physique sur la santé globale (i.e. la prévention des maladies chroniques) plutôt que sur les performances cognitives. Pourtant, de nombreux travaux ont montré que l’activité physique permet aussi de retarder ou d’atténuer l’altération des structures cérébrales et le déclin des fonctions cognitives lié au vieillissement. De fait, la question se pose de savoir si les recommandations générales en matière d’exercice physique doivent être affinées afin de cibler spécifiquement la plasticité cérébrale et l’efficience des fonctions cognitives.
Cet article a pour but de présenter une brève synthèse, non exhaustive, des connaissances actuelles sur l’exercice physique et ses liens avec la cognition. Il s’agit notamment de montrer que la prise en charge de la personne âgée ne doit pas se limiter au reconditionnement musculaire et cardio-vasculaire. En effet, grâce à des entraînements combinant activité physique et stimulation cognitive, il est possible d’améliorer l’adaptabilité motrice dans la vie quotidienne et de lutter contre les conséquences dramatiques du vieillissement, notamment le déclin cognitif, les troubles de l’équilibre ou de la marche. |
Permalink : |
./index.php?lvl=notice_display&id=89612 |
in Kinésithérapie scientifique > 623 (Septembre 2020) . - p. 17-29
[article] L'activité physique au service de l'amélioration des fonctions cognitives des seniors [texte imprimé] / Jean-Jacques Temprado, Auteur . - 2020 . - p. 17-29. Langues : Français ( fre) in Kinésithérapie scientifique > 623 (Septembre 2020) . - p. 17-29
Mots-clés : |
activité physique plasticité cérébrale Vieillissement |
Résumé : |
VIEILLISSEMENT ET COGNITION
L’allongement de la durée de vie observé dans la plupart des pays industrialisés se traduit par un vieillissement de la population. Cette transition démographique est généralement présentée comme une bonne nouvelle. Pourtant, il est difficile de se réjouir à l’idée de vivre plus longtemps si cela s’accompagne d’une rupture importante de la qualité de vie en raison de la diminution des capacités physiques et cognitives.
Les recherches en Sciences du mouvement humain ont un rôle important à jouer dans cette perspective. En effet, de nombreux travaux suggèrent qu’un potentiel de plasticité cérébrale demeure au cours du vieillissement normal [1, 2] et que cette plasticité peut être exploitée grâce à l’adoption d’habitudes de vie neuro-protectrices, au premier rang desquelles figure la pratique régulière d’exercices physiques.
Les premiers travaux scientifiques mettant en évidence le lien entre l’exercice physique et la longévité datent des années 50, mais cette thématique a connu un développement important au cours des 20 dernières années.
Aujourd’hui, la question des liens entre exercice physique, plasticité cérébrale et performances cognitives mobilise des équipes de recherche pluridisciplinaires dont bon nombre sont en lien avec des start-up qui développement des solutions numériques et technologiques pour faciliter l’entraînement à domicile. Il faut dire que les enjeux socio-économiques sont importants puisqu’on estime à 61 milliards d’euros par an les coûts de santé et de baisse de productivité liés à l’inactivité physique au niveau mondial. De plus, l’inactivité physique serait responsable de près de 5 millions de décès par an.
Face à ces chiffres vertigineux, le message délivré au « grand public » et, notamment, aux seniors est très simple : effectuer 10 000 pas/jour ou 75 à 150 minutes d’activité physique d’intensité modérée à vigoureuse par semaine. Cette prescription résume une sorte de consensus issu des données de la littérature et sur lequel s’accordent bon nombre de sociétés ou d’organismes. On mesure cependant à quel point le souci de simplification masque la complexité des mécanismes sous-jacents et surtout, les multiples facteurs modérateurs qui conditionnent l’efficacité de la pratique de l’exercice physique (niveau de forme du pratiquant, durée, intensité, fréquence, type d’exercice...).
Par ailleurs, la préconisation courante concerne principalement l’effet de l’exercice physique sur la santé globale (i.e. la prévention des maladies chroniques) plutôt que sur les performances cognitives. Pourtant, de nombreux travaux ont montré que l’activité physique permet aussi de retarder ou d’atténuer l’altération des structures cérébrales et le déclin des fonctions cognitives lié au vieillissement. De fait, la question se pose de savoir si les recommandations générales en matière d’exercice physique doivent être affinées afin de cibler spécifiquement la plasticité cérébrale et l’efficience des fonctions cognitives.
Cet article a pour but de présenter une brève synthèse, non exhaustive, des connaissances actuelles sur l’exercice physique et ses liens avec la cognition. Il s’agit notamment de montrer que la prise en charge de la personne âgée ne doit pas se limiter au reconditionnement musculaire et cardio-vasculaire. En effet, grâce à des entraînements combinant activité physique et stimulation cognitive, il est possible d’améliorer l’adaptabilité motrice dans la vie quotidienne et de lutter contre les conséquences dramatiques du vieillissement, notamment le déclin cognitif, les troubles de l’équilibre ou de la marche. |
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