[article]
Titre : |
Un exemple de controverse en clinique liée à l'EBM : pour réduire les complications vasculaires du diabète, faut-il chercher à réduire l'hyperglycémie ? |
Type de document : |
texte imprimé |
Auteurs : |
André Grimaldi, |
Année de publication : |
2017 |
Article en page(s) : |
p. 1019-1023 |
Langues : |
Français (fre) |
Mots-clés : |
Hyperglycémie / traitement médicamenteux Médecine factuelle Hypoglycémiants / effets indésirables Maladies cardiovasculaires / prévention et contrôle Risque |
Résumé : |
Les études DCCT pour le diabète de type 1 (1993) et UKPDS pour le type 2 (1998) avaient apporté la preuve du bénéfice du traitement hypoglycémiant avec, pour 1 point d'hémoglobine glyquée (HbA1c) en moins, 30 % en moins de survenue d'évènements de microangiopathie. Le bénéfice cardio-vasculaire était moins évident, ces études ayant été réalisées chez des patients en prévention primaire. Le bénéfice ne devenait significatif que lors du suivi, 10 ans après la fin de l'étude. Après ces résultats, il devenait non éthique d'envisager des études randomisées dont les patients du groupe contrôle auraient une HbA1c supérieure ou égale à 8 %. Les études plus récentes réalisées chez des diabétiques de type 2 à très haut risque cardiovasculaire ont donc comparé un traitement «intensif» à un «bon» traitement. Le traitement «super intensif» de l'étude ACCORD visant une HbA1c inférieure à 6 % a entraîné une augmentation de la mortalité provoquant l'arrêt prématuré de l'étude. La surmortalité cardiovasculaire était corrélée à la survenue d'hypoglycémies très sévères, trois fois plus fréquentes dans le groupe «super intensif». À l'opposé du concept «the lower is the better», il faut donc chez les patients à haut risque cardiovasculaire éviter le risque d'hypoglycémie sévère secondaire au traitement. De plus il a été demandé aux industriels de démontrer la sécurité cardio-vasculaire des nouvelles molécules antidiabétiques, indépendamment de leur effet hypoglycémiant, en réalisant des études randomisées en double aveugle avec un objectif d'HbA1c identique entre les deux groupes. L'adaptation des objectifs glycémiques au risque cardiovasculaire en cas de risque d'hypoglycémie d'une part, et la mauvaise compréhension de la méthodologie des études de sécurité cardiovasculaire d'autre part, ont suscité une remise en cause radicale du bienfait du traitement de l'hyperglycémie aux conséquences potentiellement graves pour les patients. |
Permalink : |
http://cdocs.helha.be/pmbgilly/opac_css/index.php?lvl=notice_display&id=55814 |
in La revue du praticien > Vol. 67, 9 (Novembre 2017) . - p. 1019-1023
[article] Un exemple de controverse en clinique liée à l'EBM : pour réduire les complications vasculaires du diabète, faut-il chercher à réduire l'hyperglycémie ? [texte imprimé] / André Grimaldi, . - 2017 . - p. 1019-1023. Langues : Français ( fre) in La revue du praticien > Vol. 67, 9 (Novembre 2017) . - p. 1019-1023
Mots-clés : |
Hyperglycémie / traitement médicamenteux Médecine factuelle Hypoglycémiants / effets indésirables Maladies cardiovasculaires / prévention et contrôle Risque |
Résumé : |
Les études DCCT pour le diabète de type 1 (1993) et UKPDS pour le type 2 (1998) avaient apporté la preuve du bénéfice du traitement hypoglycémiant avec, pour 1 point d'hémoglobine glyquée (HbA1c) en moins, 30 % en moins de survenue d'évènements de microangiopathie. Le bénéfice cardio-vasculaire était moins évident, ces études ayant été réalisées chez des patients en prévention primaire. Le bénéfice ne devenait significatif que lors du suivi, 10 ans après la fin de l'étude. Après ces résultats, il devenait non éthique d'envisager des études randomisées dont les patients du groupe contrôle auraient une HbA1c supérieure ou égale à 8 %. Les études plus récentes réalisées chez des diabétiques de type 2 à très haut risque cardiovasculaire ont donc comparé un traitement «intensif» à un «bon» traitement. Le traitement «super intensif» de l'étude ACCORD visant une HbA1c inférieure à 6 % a entraîné une augmentation de la mortalité provoquant l'arrêt prématuré de l'étude. La surmortalité cardiovasculaire était corrélée à la survenue d'hypoglycémies très sévères, trois fois plus fréquentes dans le groupe «super intensif». À l'opposé du concept «the lower is the better», il faut donc chez les patients à haut risque cardiovasculaire éviter le risque d'hypoglycémie sévère secondaire au traitement. De plus il a été demandé aux industriels de démontrer la sécurité cardio-vasculaire des nouvelles molécules antidiabétiques, indépendamment de leur effet hypoglycémiant, en réalisant des études randomisées en double aveugle avec un objectif d'HbA1c identique entre les deux groupes. L'adaptation des objectifs glycémiques au risque cardiovasculaire en cas de risque d'hypoglycémie d'une part, et la mauvaise compréhension de la méthodologie des études de sécurité cardiovasculaire d'autre part, ont suscité une remise en cause radicale du bienfait du traitement de l'hyperglycémie aux conséquences potentiellement graves pour les patients. |
Permalink : |
http://cdocs.helha.be/pmbgilly/opac_css/index.php?lvl=notice_display&id=55814 |
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