[article]
Titre : |
Disparitions |
Type de document : |
texte imprimé |
Auteurs : |
Bertrand Kiefer |
Année de publication : |
2017 |
Article en page(s) : |
p. 1912 |
Langues : |
Français (fre) |
Résumé : |
Durant des décennies, masquant les doutes et justifiant les sacrifices, une promesse a porté la mondialisation : celle de généraliser à la planète le meilleur du standard de vie occidental. On allait distribuer du fabuleux, la dérégulation allait créer un monde où le mieux s’infiltrerait dans les existences comme la lumière dans les ténèbres. Seulement voilà : ce qui est arrivé, c’est une crise climatique et écologique, l’épuisement des ressources, la non-durabilité de la majorité des comportements modernes et surtout l’impossibilité de les étendre au grand nombre. Il y eut des progrès, certes, mais accompagnés d’une folle augmentation des inégalités. Si bien que, désormais, en l’avènement – et même en la simple possibilité – d’un monde commun, plus personne ne croit. De commun, ne reste qu’une vague et troublante intuition : « nous allons dans le mur ».
Dans un magnifique essai récemment paru,1 Bruno Latour remarque que les élites, les classes dirigeantes en particulier, ont compris depuis longtemps que la planète est « incapable de supporter la démesure du système qu’ils lui ont infligé ». Elles ont froidement abandonné l’idée d’une véritable solidarité et d’une vie commune dans la prospérité. Et, immédiatement, leur est apparu le pouvoir subversif de cet abandon. Elles se sont donc « bien gardées d’en avertir les populations ». Au contraire, elles ont investi dans de vastes systèmes à diffuser des mensonges. Non seulement des fake news, mais des fake mondes, capables d’envelopper les populations de doutes, de faire croire que tout continue d’être maîtrisé. Histoire de gagner du temps. |
Permalink : |
http://cdocs.helha.be/pmbgilly/opac_css/index.php?lvl=notice_display&id=54992 |
in Revue médicale suisse > 581 (Novembre 2017) . - p. 1912
[article] Disparitions [texte imprimé] / Bertrand Kiefer . - 2017 . - p. 1912. Langues : Français ( fre) in Revue médicale suisse > 581 (Novembre 2017) . - p. 1912
Résumé : |
Durant des décennies, masquant les doutes et justifiant les sacrifices, une promesse a porté la mondialisation : celle de généraliser à la planète le meilleur du standard de vie occidental. On allait distribuer du fabuleux, la dérégulation allait créer un monde où le mieux s’infiltrerait dans les existences comme la lumière dans les ténèbres. Seulement voilà : ce qui est arrivé, c’est une crise climatique et écologique, l’épuisement des ressources, la non-durabilité de la majorité des comportements modernes et surtout l’impossibilité de les étendre au grand nombre. Il y eut des progrès, certes, mais accompagnés d’une folle augmentation des inégalités. Si bien que, désormais, en l’avènement – et même en la simple possibilité – d’un monde commun, plus personne ne croit. De commun, ne reste qu’une vague et troublante intuition : « nous allons dans le mur ».
Dans un magnifique essai récemment paru,1 Bruno Latour remarque que les élites, les classes dirigeantes en particulier, ont compris depuis longtemps que la planète est « incapable de supporter la démesure du système qu’ils lui ont infligé ». Elles ont froidement abandonné l’idée d’une véritable solidarité et d’une vie commune dans la prospérité. Et, immédiatement, leur est apparu le pouvoir subversif de cet abandon. Elles se sont donc « bien gardées d’en avertir les populations ». Au contraire, elles ont investi dans de vastes systèmes à diffuser des mensonges. Non seulement des fake news, mais des fake mondes, capables d’envelopper les populations de doutes, de faire croire que tout continue d’être maîtrisé. Histoire de gagner du temps. |
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