[article]
Titre : |
Science, démocratie et mensonge |
Type de document : |
texte imprimé |
Auteurs : |
Bertrand Kiefer |
Année de publication : |
2017 |
Article en page(s) : |
p. 440 |
Langues : |
Français (fre) |
Mots-clés : |
SCIENCE MENSONGE POLITIQUE |
Résumé : |
Donald Trump, rappelle Lawrence Douglas, n’est pas le premier président qui ment.1 Le mensonge joue depuis longtemps un rôle de premier plan dans le théâtre démocratique. Mais là où Trump est dangereux, la raison pour laquelle l’essence de sa manière de gouverner est dictatoriale, c’est qu’en plus de mentir, il produit des « méta-mensonges », pour reprendre l’expression de Douglas. Autrement dit, il discrédite les institutions qui dévoilent ses mensonges en les accusant d’être menteuses et corrompues. Trois institutions ont comme rôle de protéger la démocratie des dérives, rappelle Douglas : l’université, le pouvoir judiciaire et les médias. Trump les menace avec une colère, une soif de revanche même, de moins en moins maîtrisée. Ce faisant, il s’inscrit dans la lignée des mâles dominants et pervers au pouvoir. Pour ces égocentriques peu différenciés, jeter le discrédit sur ce tout ce qui s’oppose à leur enflure du moi représente le travail à plein temps de la gouvernance. Mentir leur sert de langage, mais détruire ce qui dénonce le mensonge représente pour eux un programme fondamental, presque un idéal. C’est que leur soif de reconnaissance exige de faire croire à la population des petites gens qu’ils sont de son côté, qu’ils la protègent. Ce qui, si l’on regarde la réalité, si l’on considère le détricotage violent du système de protection sociale qui occupe leur folie autocentrée, fait apparaître le plus extraordinaire méta-mensonge imaginable. |
Permalink : |
http://cdocs.helha.be/pmbgilly/opac_css/index.php?lvl=notice_display&id=52022 |
in Revue médicale suisse > 550 (février 2017) . - p. 440
[article] Science, démocratie et mensonge [texte imprimé] / Bertrand Kiefer . - 2017 . - p. 440. Langues : Français ( fre) in Revue médicale suisse > 550 (février 2017) . - p. 440
Mots-clés : |
SCIENCE MENSONGE POLITIQUE |
Résumé : |
Donald Trump, rappelle Lawrence Douglas, n’est pas le premier président qui ment.1 Le mensonge joue depuis longtemps un rôle de premier plan dans le théâtre démocratique. Mais là où Trump est dangereux, la raison pour laquelle l’essence de sa manière de gouverner est dictatoriale, c’est qu’en plus de mentir, il produit des « méta-mensonges », pour reprendre l’expression de Douglas. Autrement dit, il discrédite les institutions qui dévoilent ses mensonges en les accusant d’être menteuses et corrompues. Trois institutions ont comme rôle de protéger la démocratie des dérives, rappelle Douglas : l’université, le pouvoir judiciaire et les médias. Trump les menace avec une colère, une soif de revanche même, de moins en moins maîtrisée. Ce faisant, il s’inscrit dans la lignée des mâles dominants et pervers au pouvoir. Pour ces égocentriques peu différenciés, jeter le discrédit sur ce tout ce qui s’oppose à leur enflure du moi représente le travail à plein temps de la gouvernance. Mentir leur sert de langage, mais détruire ce qui dénonce le mensonge représente pour eux un programme fondamental, presque un idéal. C’est que leur soif de reconnaissance exige de faire croire à la population des petites gens qu’ils sont de son côté, qu’ils la protègent. Ce qui, si l’on regarde la réalité, si l’on considère le détricotage violent du système de protection sociale qui occupe leur folie autocentrée, fait apparaître le plus extraordinaire méta-mensonge imaginable. |
Permalink : |
http://cdocs.helha.be/pmbgilly/opac_css/index.php?lvl=notice_display&id=52022 |
|  |