[article]
Titre : |
Autisme, petite histoire de gènes et de business |
Type de document : |
texte imprimé |
Auteurs : |
Jean-Yves Nau |
Année de publication : |
2012 |
Article en page(s) : |
p. 76-77 |
Langues : |
Français (fre) |
Résumé : |
L’autisme apparaît (pour faire court) en 1943 sous la plume du pédopsychiatre Léo Kanner (1894-1981). La psychanalyse en fera longtemps son miel. Puis vint la génétique (médicale) suivie de la génomique, sa fille naturelle. Sans parler de l’imagerie cérébrale fonctionnelle et du démembrement progressif de l’entité originelle en différents «syndromes autistiques». Est-il encore trop tôt pour évoquer tout cela ? C’est précisément, en cette aube de 2012, ce que vient de tenter le généticien Bertrand Jordan. Un scientifique dont il n’est plus nécessaire de vanter le talent de vulgarisateur. On peut aussi chez lui saluer le courage que réclame l’effort de traduire, à l’attention de l’honnête homme, l’essentiel de ce qui se trame dans les cornues généticiennes.
Résultat du jour : 200 pages atypiques éditées par Le Seuil.1 Autant le dire d’emblée : l’auteur fonde son propos sur un article que nous avons signé le 20 juillet 2005 dans les colonnes du Monde, article intitulé «Le premier test de diagnostic de l’autisme va être lancé».1 Il s’agissait d’un article bien court et bien modeste expliquant que les responsables d’une firme française de biotechnologies (la société IntegraGen, basée au Génopole d’Evry) venaient d’annoncer le lancement (prévu pour 2006) du premier test génétique de diagnostic de l’autisme. «Le test devrait être proposé, dans un premier temps, aux Etats-Unis et en Allemagne, en tant que "home-test", c’est-à-dire disponible sans prescription médicale, écrivions-nous alors. En théorie, un tel dépistage pourrait représenter un progrès, un diagnostic précoce permettant une prise en charge thérapeutique plus efficace. Mais il est d’ores et déjà l’objet de critiques. "On ne pourra pas faire l’économie des graves questions, à la fois éthiques et techniques, que soulève une telle annonce, observe le professeur Thomas Bourgeron (Université Paris-VII, Institut Pasteur de Paris), l’un des meilleurs spécialistes de la génétique des syndromes autistiques. La question de la fiabilité est encore bien loin d’être résolue. D’autre part, la plus élémentaire déontologie scientifique et médicale s’oppose, selon moi, au lancement d’entreprises commerciales fondées pour partie sur l’angoisse des parents, voire des futurs parents." » |
Permalink : |
http://cdocs.helha.be/pmbgilly/opac_css/index.php?lvl=notice_display&id=51172 |
in Revue médicale suisse > 323 (Janvier 2012) . - p. 76-77
[article] Autisme, petite histoire de gènes et de business [texte imprimé] / Jean-Yves Nau . - 2012 . - p. 76-77. Langues : Français ( fre) in Revue médicale suisse > 323 (Janvier 2012) . - p. 76-77
Résumé : |
L’autisme apparaît (pour faire court) en 1943 sous la plume du pédopsychiatre Léo Kanner (1894-1981). La psychanalyse en fera longtemps son miel. Puis vint la génétique (médicale) suivie de la génomique, sa fille naturelle. Sans parler de l’imagerie cérébrale fonctionnelle et du démembrement progressif de l’entité originelle en différents «syndromes autistiques». Est-il encore trop tôt pour évoquer tout cela ? C’est précisément, en cette aube de 2012, ce que vient de tenter le généticien Bertrand Jordan. Un scientifique dont il n’est plus nécessaire de vanter le talent de vulgarisateur. On peut aussi chez lui saluer le courage que réclame l’effort de traduire, à l’attention de l’honnête homme, l’essentiel de ce qui se trame dans les cornues généticiennes.
Résultat du jour : 200 pages atypiques éditées par Le Seuil.1 Autant le dire d’emblée : l’auteur fonde son propos sur un article que nous avons signé le 20 juillet 2005 dans les colonnes du Monde, article intitulé «Le premier test de diagnostic de l’autisme va être lancé».1 Il s’agissait d’un article bien court et bien modeste expliquant que les responsables d’une firme française de biotechnologies (la société IntegraGen, basée au Génopole d’Evry) venaient d’annoncer le lancement (prévu pour 2006) du premier test génétique de diagnostic de l’autisme. «Le test devrait être proposé, dans un premier temps, aux Etats-Unis et en Allemagne, en tant que "home-test", c’est-à-dire disponible sans prescription médicale, écrivions-nous alors. En théorie, un tel dépistage pourrait représenter un progrès, un diagnostic précoce permettant une prise en charge thérapeutique plus efficace. Mais il est d’ores et déjà l’objet de critiques. "On ne pourra pas faire l’économie des graves questions, à la fois éthiques et techniques, que soulève une telle annonce, observe le professeur Thomas Bourgeron (Université Paris-VII, Institut Pasteur de Paris), l’un des meilleurs spécialistes de la génétique des syndromes autistiques. La question de la fiabilité est encore bien loin d’être résolue. D’autre part, la plus élémentaire déontologie scientifique et médicale s’oppose, selon moi, au lancement d’entreprises commerciales fondées pour partie sur l’angoisse des parents, voire des futurs parents." » |
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