[article]
Titre : |
Demain nos steaks seront presque vivants |
Type de document : |
texte imprimé |
Auteurs : |
Jean-Yves Nau |
Année de publication : |
2013 |
Article en page(s) : |
p. 1558-1559 |
Langues : |
Français (fre) |
Résumé : |
En plein été, l’information fut généralement présentée sur un registre cocasse par les médias du monde entier. Cela se passait à Londres, capital de cet étrange pays où l’on «pense latéral». Les médias, ces éponges, parlèrent aussitôt de Frankenburger. C’est, au fond, une assez bonne formule : à mi-chemin des humanités fantastiques et de la nourriture rapide. Une pincée de cannibalisme, une once de monstre et un succédané de mets.1 Une forme de création contemporaine à géométries variables. En toute hypothèse, c’est une nouvelle viande : elle a été montrée et consommée sous les yeux des caméras. C’est une viande qui existe bel et bien après avoir échappé à la mort : elle est issue de cellules souches bovines adultes. Les ami(e)s des bêtes applaudissent. Plus d’élevage, plus d’abattage : partant, plus de souffrance. Pour plaisanter on pourrait se demander ce qu’ils diraient s’il avait fallu, pour en arriver là, détruire un embryon de veau créé in vitro.
En plein été, l’information n’a guère réjoui ce qui reste des élevages dans les campagnes françaises. Du moins, chez les éleveurs. Ils se sont dits «choqués» par la présentation londonienne du premier Frankenburger. Ils y ont vu, comme c’est étrange, le fruit des expériences d’un sorcier en apprentissage. «Les cellules souches sont développées en incubateur dans un "milieu de culture" mélangeant acides aminés, sucre, facteurs de croissance, hormones et sérum fœtal de veau. Est-ce là un produit en correspondance avec les attentes et exigences des consommateurs pour un produit sain et naturel, et non industriel ?» demande la Fédération nationale bovine française. On imagine assez aisément sa réponse. |
Permalink : |
http://cdocs.helha.be/pmbgilly/opac_css/index.php?lvl=notice_display&id=45037 |
in Revue médicale suisse > 395 (Août 2013) . - p. 1558-1559
[article] Demain nos steaks seront presque vivants [texte imprimé] / Jean-Yves Nau . - 2013 . - p. 1558-1559. Langues : Français ( fre) in Revue médicale suisse > 395 (Août 2013) . - p. 1558-1559
Résumé : |
En plein été, l’information fut généralement présentée sur un registre cocasse par les médias du monde entier. Cela se passait à Londres, capital de cet étrange pays où l’on «pense latéral». Les médias, ces éponges, parlèrent aussitôt de Frankenburger. C’est, au fond, une assez bonne formule : à mi-chemin des humanités fantastiques et de la nourriture rapide. Une pincée de cannibalisme, une once de monstre et un succédané de mets.1 Une forme de création contemporaine à géométries variables. En toute hypothèse, c’est une nouvelle viande : elle a été montrée et consommée sous les yeux des caméras. C’est une viande qui existe bel et bien après avoir échappé à la mort : elle est issue de cellules souches bovines adultes. Les ami(e)s des bêtes applaudissent. Plus d’élevage, plus d’abattage : partant, plus de souffrance. Pour plaisanter on pourrait se demander ce qu’ils diraient s’il avait fallu, pour en arriver là, détruire un embryon de veau créé in vitro.
En plein été, l’information n’a guère réjoui ce qui reste des élevages dans les campagnes françaises. Du moins, chez les éleveurs. Ils se sont dits «choqués» par la présentation londonienne du premier Frankenburger. Ils y ont vu, comme c’est étrange, le fruit des expériences d’un sorcier en apprentissage. «Les cellules souches sont développées en incubateur dans un "milieu de culture" mélangeant acides aminés, sucre, facteurs de croissance, hormones et sérum fœtal de veau. Est-ce là un produit en correspondance avec les attentes et exigences des consommateurs pour un produit sain et naturel, et non industriel ?» demande la Fédération nationale bovine française. On imagine assez aisément sa réponse. |
Permalink : |
http://cdocs.helha.be/pmbgilly/opac_css/index.php?lvl=notice_display&id=45037 |
|  |