[article]
Titre : |
Les deux modes de l’attention |
Type de document : |
texte imprimé |
Auteurs : |
Bertrand Kiefer |
Année de publication : |
2014 |
Article en page(s) : |
p. 2008 |
Langues : |
Français (fre) |
Résumé : |
La semaine dernière, Google, entreprise la plus puissante du monde, qui recrute les meilleurs cerveaux de l’époque, qui se place, l’air de rien, mais avec des sommes colossales, dans tous les domaines porteurs de futur (robotique, informatique quantique, bio-ingénierie, génétique), Google qui devance de très loin ses concurrents dans la maîtrise de l’intelligence artificielle, Google qui domine la plupart des secteurs liés à internet (moteur de recherche, cartographie, géolocalisation, vente et location de contenus dématérialisés : médias, films, musique) ou au smartphone (Androïd) ; mais aussi Google qui a créé Calico, une entreprise rachetant toutes les start-up en pointe dans le domaine du prolongement de la vie et qui investit des milliards de dollars dans l’espoir de bientôt «en finir avec la mort», Google qui a lancé cet été le gigantesque programme de recherche médicale «Baseline» afin de déterminer les paramètres qui constituent la bonne santé d’un individu. Eh bien, ce Google-là, aux moyens et ambitions hors limites, commence à s’implanter dans ce que la médecine a de plus concret : la semaine dernière donc, l’entreprise avouait expérimenter en catimini un système de consultation de médecin en ligne.
Dans certains états des Etats-Unis, une commande du moteur de recherche intitulée «Parlez à un médecin» est apparue. Le raisonnement est simple : lorsqu’ils ont une question concernant leur santé, 80% des citoyens des pays développés interrogent Google. S’ils posent ce genre de question, les internautes-test se voient proposer de consulter un médecin par le biais d’un chat vidéo. On imagine le bouleversement que cette approche pourrait entraîner si Google – qui, grâce à son ensemble de services, connaît tout de ses utilisateurs – décidait de la généraliser et de la sophistiquer. Une chose est sûre : l’entreprise n’aura aucun état d’âme lorsqu’elle estimera qu’il est temps de bousculer la pratique médicale. Elle se comportera comme Uber (société qu’elle possède en partie) le fait aujourd’hui avec les taxis : en affirmant que l’éthique (et accessoirement le commerce) exige de remplacer les vieux métiers par des approches innovantes et répondant mieux aux besoins d’attention des sujets post-modernes. |
Permalink : |
http://cdocs.helha.be/pmbgilly/opac_css/index.php?lvl=notice_display&id=43094 |
in Revue médicale suisse > 447 (Octobre 2014) . - p. 2008
[article] Les deux modes de l’attention [texte imprimé] / Bertrand Kiefer . - 2014 . - p. 2008. Langues : Français ( fre) in Revue médicale suisse > 447 (Octobre 2014) . - p. 2008
Résumé : |
La semaine dernière, Google, entreprise la plus puissante du monde, qui recrute les meilleurs cerveaux de l’époque, qui se place, l’air de rien, mais avec des sommes colossales, dans tous les domaines porteurs de futur (robotique, informatique quantique, bio-ingénierie, génétique), Google qui devance de très loin ses concurrents dans la maîtrise de l’intelligence artificielle, Google qui domine la plupart des secteurs liés à internet (moteur de recherche, cartographie, géolocalisation, vente et location de contenus dématérialisés : médias, films, musique) ou au smartphone (Androïd) ; mais aussi Google qui a créé Calico, une entreprise rachetant toutes les start-up en pointe dans le domaine du prolongement de la vie et qui investit des milliards de dollars dans l’espoir de bientôt «en finir avec la mort», Google qui a lancé cet été le gigantesque programme de recherche médicale «Baseline» afin de déterminer les paramètres qui constituent la bonne santé d’un individu. Eh bien, ce Google-là, aux moyens et ambitions hors limites, commence à s’implanter dans ce que la médecine a de plus concret : la semaine dernière donc, l’entreprise avouait expérimenter en catimini un système de consultation de médecin en ligne.
Dans certains états des Etats-Unis, une commande du moteur de recherche intitulée «Parlez à un médecin» est apparue. Le raisonnement est simple : lorsqu’ils ont une question concernant leur santé, 80% des citoyens des pays développés interrogent Google. S’ils posent ce genre de question, les internautes-test se voient proposer de consulter un médecin par le biais d’un chat vidéo. On imagine le bouleversement que cette approche pourrait entraîner si Google – qui, grâce à son ensemble de services, connaît tout de ses utilisateurs – décidait de la généraliser et de la sophistiquer. Une chose est sûre : l’entreprise n’aura aucun état d’âme lorsqu’elle estimera qu’il est temps de bousculer la pratique médicale. Elle se comportera comme Uber (société qu’elle possède en partie) le fait aujourd’hui avec les taxis : en affirmant que l’éthique (et accessoirement le commerce) exige de remplacer les vieux métiers par des approches innovantes et répondant mieux aux besoins d’attention des sujets post-modernes. |
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http://cdocs.helha.be/pmbgilly/opac_css/index.php?lvl=notice_display&id=43094 |
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