[article]
Titre : |
La chirurgie de l’obésité : une prise en charge inter-disciplinaire pour répondre à de multiples défis |
Type de document : |
texte imprimé |
Auteurs : |
François P. Pralong ; Alain Golay |
Année de publication : |
2016 |
Article en page(s) : |
p.579 |
Langues : |
Français (fre) |
Mots-clés : |
OBESITE CHIRURGIE |
Résumé : |
La chirurgie de l’obésité a réellement connu son essor après la première conférence de consensus organisée par le NIH (National Institutes of Health) américain en 1991,1 conférence qui avait conclu à la sécurité des approches modernes telles que le court-circuit gastrique sur anse en Y selon Roux, ou l’anneau gastrique. L’augmentation très importante de l’utilisation de cette approche dans le traitement de l’obésité au cours des 25 années qui ont suivi fait que nous disposons aujourd’hui de données d’efficacité à court et moyen termes qui devraient nous permettent de réévaluer aussi bien les indications que les modalités de prise en charge des patients éligibles pour une chirurgie bariatrique.
Le risque de reprise pondérale excessive reste aujourd’hui encore essentiellement imprévisible
Certains des enjeux de ce type d’approche sont abordés dans quatre des six articles de ce numéro, et notamment la question de l’évolution pondérale à moyen et long termes. En effet, si la plupart des patients reprennent un peu de poids après l’intervention, cette reprise sera très importante pour un petit groupe d’entre eux (entre 10 et 25 % selon les études et la durée du suivi). Or, le risque de reprise pondérale excessive reste aujourd’hui encore essentiellement imprévisible. Dans ce contexte, l’article de Pataky et coll. rappelle qu’une prise en charge multidisciplinaire des patients permet probablement de minimiser ce risque. Toutefois, la recherche de facteurs prédictifs du succès à long terme de la chirurgie bariatrique reste une question primordiale qui est abordée par Vionnet et coll. dans leur description des buts de la Cohorte obésité de Lausanne. Parmi les facteurs incriminés dans une reprise de poids, les troubles du comportement alimentaire sont souvent mentionnés. Carrard et coll. nous proposent un outil pratique pour évaluer les comportements alimentaires. Dans la même direction, Locatelli et coll. revoient quels sont les meilleurs moyens pour accompagner un patient obèse dans un changement de comportement alimentaire à long terme.
L’un des bénéfices les plus importants de la chirurgie bariatrique est l’amélioration, souvent spectaculaire, des comorbidités métaboliques.2 Cet effet est particulièrement bien documenté après court-circuit gastrique sur anse en Y selon Roux, mais malgré un très bon niveau d’évidence, la présence de comorbidités métaboliques ne fait pas formellement partie des critères d’indication à une telle chirurgie. Le profil exact des patients diabétiques ou présentant un syndrome métabolique et qui pourraient bénéficier le plus d’une approche chirurgicale reste à déterminer. Si on tend intuitivement à proposer l’intervention à des patients obèses dont le diabète est difficile à contrôler, ne devrait-on pas plutôt l’offrir en priorité aux patients avec une maladie moins avancée qui ont une plus grande probabilité de rémission de leur diabète après intervention ? De fait, ces patients auraient ainsi le plus grand gain potentiel du traitement.
Finalement, Ferrario et coll. attirent notre attention sur le risque de dépendance des patients après chirurgie bariatrique, et notamment de dépendance à l’alcool. Ce risque est de mieux en mieux reconnu, et devrait être formellement évalué lors de la procédure de préparation à la chirurgie. Là encore, une prise en charge multidisciplinaire intégrant des professionnels bien formés à la problématique de l’addiction est indispensable afin de gérer au mieux ce risque, aussi bien durant la période de préparation que pendant le suivi après chirurgie.
En conclusion, on rappellera que la chirurgie bariatrique présente un excellent rapport entre coût et efficacité.3 Malgré les incertitudes relevées ci-dessus, il semble justifié de repenser les critères d’éligibilité de la chirurgie bariatrique, et impératif de conduire des études sur le long terme et rapportant scrupuleusement les effets indésirables ainsi que l’évolution des comorbidités métaboliques et vasculaires.
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Permalink : |
http://cdocs.helha.be/pmbgilly/opac_css/index.php?lvl=notice_display&id=37096 |
in Revue médicale suisse > 511 (Mars 2016) . - p.579
[article] La chirurgie de l’obésité : une prise en charge inter-disciplinaire pour répondre à de multiples défis [texte imprimé] / François P. Pralong ; Alain Golay . - 2016 . - p.579. Langues : Français ( fre) in Revue médicale suisse > 511 (Mars 2016) . - p.579
Mots-clés : |
OBESITE CHIRURGIE |
Résumé : |
La chirurgie de l’obésité a réellement connu son essor après la première conférence de consensus organisée par le NIH (National Institutes of Health) américain en 1991,1 conférence qui avait conclu à la sécurité des approches modernes telles que le court-circuit gastrique sur anse en Y selon Roux, ou l’anneau gastrique. L’augmentation très importante de l’utilisation de cette approche dans le traitement de l’obésité au cours des 25 années qui ont suivi fait que nous disposons aujourd’hui de données d’efficacité à court et moyen termes qui devraient nous permettent de réévaluer aussi bien les indications que les modalités de prise en charge des patients éligibles pour une chirurgie bariatrique.
Le risque de reprise pondérale excessive reste aujourd’hui encore essentiellement imprévisible
Certains des enjeux de ce type d’approche sont abordés dans quatre des six articles de ce numéro, et notamment la question de l’évolution pondérale à moyen et long termes. En effet, si la plupart des patients reprennent un peu de poids après l’intervention, cette reprise sera très importante pour un petit groupe d’entre eux (entre 10 et 25 % selon les études et la durée du suivi). Or, le risque de reprise pondérale excessive reste aujourd’hui encore essentiellement imprévisible. Dans ce contexte, l’article de Pataky et coll. rappelle qu’une prise en charge multidisciplinaire des patients permet probablement de minimiser ce risque. Toutefois, la recherche de facteurs prédictifs du succès à long terme de la chirurgie bariatrique reste une question primordiale qui est abordée par Vionnet et coll. dans leur description des buts de la Cohorte obésité de Lausanne. Parmi les facteurs incriminés dans une reprise de poids, les troubles du comportement alimentaire sont souvent mentionnés. Carrard et coll. nous proposent un outil pratique pour évaluer les comportements alimentaires. Dans la même direction, Locatelli et coll. revoient quels sont les meilleurs moyens pour accompagner un patient obèse dans un changement de comportement alimentaire à long terme.
L’un des bénéfices les plus importants de la chirurgie bariatrique est l’amélioration, souvent spectaculaire, des comorbidités métaboliques.2 Cet effet est particulièrement bien documenté après court-circuit gastrique sur anse en Y selon Roux, mais malgré un très bon niveau d’évidence, la présence de comorbidités métaboliques ne fait pas formellement partie des critères d’indication à une telle chirurgie. Le profil exact des patients diabétiques ou présentant un syndrome métabolique et qui pourraient bénéficier le plus d’une approche chirurgicale reste à déterminer. Si on tend intuitivement à proposer l’intervention à des patients obèses dont le diabète est difficile à contrôler, ne devrait-on pas plutôt l’offrir en priorité aux patients avec une maladie moins avancée qui ont une plus grande probabilité de rémission de leur diabète après intervention ? De fait, ces patients auraient ainsi le plus grand gain potentiel du traitement.
Finalement, Ferrario et coll. attirent notre attention sur le risque de dépendance des patients après chirurgie bariatrique, et notamment de dépendance à l’alcool. Ce risque est de mieux en mieux reconnu, et devrait être formellement évalué lors de la procédure de préparation à la chirurgie. Là encore, une prise en charge multidisciplinaire intégrant des professionnels bien formés à la problématique de l’addiction est indispensable afin de gérer au mieux ce risque, aussi bien durant la période de préparation que pendant le suivi après chirurgie.
En conclusion, on rappellera que la chirurgie bariatrique présente un excellent rapport entre coût et efficacité.3 Malgré les incertitudes relevées ci-dessus, il semble justifié de repenser les critères d’éligibilité de la chirurgie bariatrique, et impératif de conduire des études sur le long terme et rapportant scrupuleusement les effets indésirables ainsi que l’évolution des comorbidités métaboliques et vasculaires.
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